Cette année le programme en Cinéma Audiovisuel, c'est le cinéma soviétique des années 20. Je l'avoue sans vergogne, au début, je n'étais pas franchement emballée, et j'envisageais même de passer la philo à l'écrit, c'est dire... Dans mon esprit, cinéma soviétique des années 20 ça sonnait surtout comme cinéma muet et propagandiste donc chiant (oui, je sais, pour une "cinéphile", je tire des conclusions drôlement hâtives). La mort dans l'âme, j'ai attaqué une biographie d'Eisenstein qui n'avait pas l'air trop longue, et en fait, c'était pas chiant du tout, je me suis même prise de passion pour les théories du montage des divers réalisateurs russes, en particulier Koulechov. En effet, dans sa biographie d'Eisenstein, Dominique Fernandez expose toutes les théories du montage russe des années 20, et pas uniquement celle d'Eisenstein, puisque Eisenstein est certes un pionnier, mais surtout un héritier.

 

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« Il comprit que l'essence d'un film ne réside pas dans le contenu des morceaux tournés, mais dans la manière dont ils sont reliés. D'où ce principe : un film doit être construit avec un grand nombre de morceaux brefs. Pour illustrer ce principe, il réalisa un court-métrage représentant une jeune fille assise devant un miroir. On la voyait successivement se maquiller les yeux et les sourcils, se peindre les lèvres, enfiler une chaussure. En réalité cette jeune fille n'existait pas : Koulechov l'avait créée par le montage, en photographiant le dos d'une femme, les yeux et les sourcils d'une seconde femme, les lèvres d'une troisième, les pieds d'une quatrième.»

 

Et en lisant ce paragraphe sur Koulechov dans cette biographie, j'ai tout de suite trouvé ça génial. Puis le prof en a parlé en cours. Puis nous en avons parlé entre nous. Et nous sommes arrivés à la conclusion que puisque nous sommes six filles en cinéma cette année et que nous avons  du matériel à notre disposition, il nous suffisait de le réaliser. Nous avons seulement ajouté l'étape vernis à ongles car il nous semblait que les mains représentaient un symbole crucial de la féminité, et en plus, nous avions besoin de cinq parties du corps sans quoi l'une d'entre nous n'aurait pas participé.