Bon alors évidemment, y'a des cours plus importants à apprendre que d'autres. Y'en a certains, qui, sans citer personne, ne nécessitent pas un apprentissage rigoureux, voire ne nécessitent pas d'apprentissage tout court. Une bonne lecture suffit largement. Et encore, dans certaines matières que je ne citerai toujours pas, c'est déjà du zèle. A part vous faire perdre votre temps, apprendre un cours qui n'est constitué que d'informations certes intéressantes, mais impossibles à développer dans une dissertation, ne vous servira à rien. C'est pourquoi à mes yeux, il n'y a que deux matières dans lesquelles il est fondamental de bien apprendre son cours : l'histoire et la philosophie. J'en ajoute une troisième : la géographie mais elle ne concerne qu'une minorité d'élèves.

 

 

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Mais il se pose rapidement un petit problème, récurrent en khâgne, difficile à surmonter. Vous voyez progressivement les pages de vos cahiers (ou classeurs) de philo et d'histoire se noircir à une vitesse effarante. Vous ne sentez rien venir, c'est un phénomène très sournois. Deux heures passent et pouf, quatre pages de nouveau cours ont vu le jour. A raison de 4h d'histoire et 6h de philo par semaine, ça va très très vite. Des pages qui s'accumulent aux autres pages non relues car ajoutées à la pile déjà vertigineuse de travail à faire. Parce que, bien sûr, vous vous étiez juré au début de l'année de relire vos notes avant chaque nouveau cours, pour en faciliter l'apprentissage et ne pas être paumé pendant la classe et, petit galopin que vous êtes, vous avez impitoyablement brisé votre serment.

 

Vous êtes donc désespéré devant la masse de cours que vous avez déjà à apprendre alors que nous n'en sommes qu'au deuxième mois de khâgne, ce qui suscite un terrible et grandissant sentiment de nullité et de culpabilité. Rassurez-vous, je suis dans la même galère que vous. Moi aussi je m'étais juré que cette année, oh oui cette année-là, serait différente car j'ai pris la très originale résolution d'apprendre mon cours au fur et à mesure sans prendre de retard. Comme j'étais naïve à cette époque (en août dernier). Je le réalise tragiquement à présent... Donc, s'il est quasi mathématique qu'un khâgneux moyen ne puisse pas relire chacun de ses cours pour le cours suivant (flemme, désespoir, trop de travail, fatigue, etc) il ne faut néanmoins pas tomber dans le piège inverse et se garder 150 pages de cours pour la veille du DS.

 

C'est pourquoi je vous suggère de procéder de la manière suivante. Environ une fois par semaine, gardez-vous 2 à 3 heures chez vous ou à la bibliothèque pour relire l'un de vos cours (celui qui selon vous et d'après votre emploi du temps, est le plus urgent). Attention, il faut le lire en entier et en se concentrant un minimum, sinon ça ne sert à rien. Je vous déconseille fortement le mettre en fiches (la mise en fiche étant la pire illusion du milieu estudiantin : en plus de vous prendre tout votre temps, elle vous stresse encore plus et n'a pas d'utilité avérée). Une double ou triple relecture attentive du cours vaut, à mon humble avis, toutes les fiches de l'univers.

 

Mais comment procéder pour retenir ce que vous lisez ? Car c'est tout le problème. Sans fiches, on se sent démuni, comme si notre travail n'avait finalement servi à rien car il ne reste aucune trace de notre apprentissage. Il faut donc trouver des palliatifs au confort chimérique que nous procurent habituellement les fiches. Procédez par paragraphes (pour cela, évidemment, il faut avoir pris son cours par paragraphes...).

 

1) Lisez le paragraphe en entier, soulignez en rouge les phrases que vous trouvez importantes et résumez dans la marge le but du paragraphe. Par exemple inscrivez à gauche du paragraphe "le paradoxe sorite pour Cicéron" ou "en quoi Platon critique la théorie du discours chez les sophistes". En histoire, c'est inutile car vous avez généralement des titres de parties et de sous-parties.

2) Relisez-le autant de fois qu'il est nécessaire à sa bonne compréhension, puis fermez le cahier et expliquez-vous l'idée du paragraphe à vous-mêmes, comme vous l'écririez dans une dissertation. 

3) Si vous ne comprenez pas quelque chose : soit notez votre incompréhension pour demander des précisions à votre professeur, soit cherchez dans des livres ou sur Internet, et notez dans la marge ce que vous avez compris pour pouvoir ensuite l'apprendre.

4) Faites la même chose avec chaque paragraphe, et à la fin, fermez tout et demandez-vous ce que vous avez retenu globalement de votre lecture. Si rien ne vous vient, c'est qu'il y a un problème. Sinon, relisez-le encore pour être capable de bien restituer tout le cours. Si vous faites cela une fois par semaine (un coup philo, un coup histoire), vous pouvez venir à bout de votre cours, car en deux semaines, la quantité de cours écrite reste raisonnable.