Je déteste le latin ! J'ai des notes pourries ! Les cours sont chiants ! On a cinquantes versions à faire par semaine qui nous prennent 3 heures de boulot par jour ! Du travail gratuit converti en pure perte de temps ! Et j'exagère à peine. Cette année, il m'est arrivé d'avoir un 3/20 en latin. Ah, je sais ce que vous vous dites. Vous êtes en train de penser "purée, 3 en latin, c'est vraiment pourri, elle est quand même pas douée." Oui et bien vous verrez quand vous serez en khâgne que c'est pas si difficile d'obtenir une note aussi dégueu en latin. Parce que, le moindre petit contre-sens (je rappelle la définition : faute de grammaire) et BIM, c'est 4 points de fautes dans la gueule ! Donc ça va très très vite. Sans oublier que la moindre faute d''orthographe est systématiquement sanctionnée d'un point en moins sur l'ensemble. Même les fautes d'accent. Et même si on oublie une virgule.

 

Bref tout ce petit paragraphe complètement en désaccord avec mon titre (super transition, au passage) pour dire qu'en fait, le latin, ça a aussi des bons côtés. Par exemple, du jour où vous êtes rentré en hypokhâgne, vous avez dit bonjour à Proust, et au revoir à Harry Potter, le coeur plein de nostalgie. Voilà plus de deux ans à présent que je n'ai pas ouvert un seul de mes Harry Potter qui prennent tristement la poussière sur mes étagères. Et pourtant, durant tous mes cours de latin d'hypokhâgne et de khâgne, je n'ai cessé de penser à Harry (quoi ? Mais non, je ne suis pas amoureuse d'une fiction, foutez-moi la paix). En effet, les cours de latin d'hypokhâgne ont ceci de très avantageux sur les cours de latin du collège et du lycée : on y apprend VRAIMENT des choses. Et on se rend compte qu'en fait, ben J.K. Rowling, elle est SUPER cultivée du latin. Et on reste scotché bouche bée les bras ballants devant le souvenir d'un tel talent qui nous revient en pleine face en nous demandant lugubrement comment on a pu passer à côté dans notre jeunesse. 

 

- J'ai pigé pourquoi on dit un animagus, des animagi
- Je sais enfin précisémment d'où elle a sorti toutes ses créatures mythiques : centaures (Homère), sirènes (Homère), hippogriffes (Virgile), Basilic, le chien à trois têtes (Cerbère) calmé par Orphée qui lui joue de la lyre (Homère), les Géants (enfants de Gaia et Ouranos), etc.
- Je sais pourquoi le professeur Trelawney s'appelle Sibylle et pourquoi Lever le voile du futur a été écrit par une certaine Cassandra (devineresse troyenne) Vablatsky (fondatrice d'une société théosophique).
- L'arithmancie étudiée par Hermione est une technique de divination développée par les Pythagoriciens. Elle repose sur l'analyse de nombres, ce qui convient effectivement mieux au caractère cartésien d'Hermione.
- Drago et Dracula ont la même étymologie et signifient serpent ! Voilà pourquoi Malefoy est un Serpentard...
- Le professeur Lupin s'appelle Rémus, comme le fils (adoptif) de la louve...
- La mère de Malefoy s'appelle Narcissa, comme le mec qui s'adorait un peu trop... Donc c'est une sale égoïste.
- Le professeur Dumbledore s'appelle Albus, qui signifie blanc argenté. Comme sa barbe. Et comme son âme.
- Le concierge Rusard s'appelle Argus, dérivé de Argos Panoptès, le géant aux cent yeux.
- Le professeur McGonagall s'appelle Minerva, comme la déesse de la sagesse.
- Le labyrinthe et le sphinx dans le Tournoi des trois sorciers sont évidemment des références à Thésée et Oedipe.
- Et puis évidemment, toutes les formules magiques qu'on comprend beaucoup mieux. Comme "impedimenta!" et qui aident même parfois à mieux mémoriser son vocabulaire... Et aussi les mots de passe comme "caput draconis".


Conclusion : c'est vrai qu'en fait, dans les textes de latin, on apprend plein de trucs, et on se constitue une culture mythologique (pour les pauvres idiots incultes qui, comme moi, en étaient dépourvus avant de rentrer en hypokhâgne).