Aujourd'hui je voulais vous parler de motivation. La motivation, c'est très important pour aller en khâgne, parce que si vous n'êtes pas motivés, vous êtes foutus. Sans aucune motivation, vous ne saurez pas ce que vous faites là. Vous trouverez les cours chiants, le travail ingérable, les DS insurmontables, et le concours n'en parlons pas, vous ne vous sentirez même pas concerné. Vous ressentirez la prépa comme une épreuve trop sévère que vous n'avez pas méritée. Or, percevoir la prépa comme une punition, c'est quand même pas cool, c'est pourquoi il ne faut pas s'engager à la légère et être sûr de son choix.

 

La motivation, pour moi, c'est à 50% de l'enthousiasme et de la curiosité (qui sont donc plus ou moins ancrées dans le caractère) et à 50% du perfectionnisme/professionnalisme et un amour du travail bien fait (qualités qui se travaillent). Vous devez donc toujours faire en sorte de toujours réunir les deux pour vous rappeler pourquoi vous êtes en prépa et pourquoi vous faites tout ça. Pourquoi vous vous levez super tôt le matin alors que vous avez 8h intensives de cours. Pourquoi vous supportez des épreuves de 6h toutes les semaines. Pourquoi vous avalez 3 pavés d'un intérêt relatif par semaine. Pourquoi vous acceptez de dormir moins et d'être stressé. Pourquoi vous rentrez chez vous super tard car vous avez des khôlles à passer. Pourquoi vous êtes différent, pourquoi vous êtes si courageux. Cela semble un sacrifice énorme, et pourtant, on le fait quand même, et même, certains récidivent !

 

Comment trouver cette motivation ?

 

Les méthodes qui ne marchent pas :
- L'autosuggestion du genre "j'aime le latin, j'adore ce que je fais, le travail m'épanouit..." alors qu'il est 23h et que vous en êtes à votre huitième tasse de café (ou de thé).
- Les objectifs et les plannings TOUJOURS trop élevés de toute façon, donc impossibles à tenir, donc démoralisants.
- Etre démissionnaire du départ en se disant que de toute façon, l'ENS et les écoles, vous vous en foutez du moment que vous avez votre équivalence et décider d'y aller au talent en se fichant de tout le reste.

 

Les méthodes qui marchent :
- Manger des pâtes au fromage tous les soirs et boire du jus de fruit maison tous les matins.
- Savoir ce que vous allez faire après votre khâgne et envisager tous les plans B et possibilités de second rang au cas où vous ne seriez pas pris à l'ENS.
- Avoir un ou plusieurs VRAI ami en khâgne sur qui vous êtes sûr de pouvoir toujours compter, et surtout, avec qui vous rigolez. Quelqu'un que vous êtes toujours content de revoir.
- Avoir de l'admiration pour vous-même et pour le travail que vous accomplissez (cela suppose d'accomplir un travail au préalable, de toute évidence).
- Avoir un entourage qui vous soutient ET qui ne vous empêche pas de bosser.

 

J'ai donc rangé les quatre principales motivations du bon khâgneux dans l'ordre :
1) Le plaisir immédiat
2) Les projets d'avenir 
3) L'amitié/l'amour
4) L'autosatisfaction

 

Petite explicitation des quatre principales motivations du bon khâgneux :

1) Il n'y a aucune raison de se priver des petits plaisirs de la vie quotidienne du moment qu'ils ne vous prennent pas trop de temps. Ils ont un impact direct sur le moral, donc sur l'humeur générale, donc sur l'enthousiasme et le goût des choses. La vie a une saveur, et c'est ça qui est le plus important. Cela a indirectement un impact également sur votre santé, et je rappelle qu'un bon khâgneux, c'est avant tout un khâgneux vivant. Le système a) Je travaille b) J'ai mérité mon petit plaisir est donc très efficace.

2) Avoir des projets d'avenir, c'est se former un arbre des possibles de sa vie future. Cela peut sembler une grande incertitude, c'est pourquoi il faut procéder de la manière suivante : "si j'échoue à tel concours, j'aurai celui là et je ferai ça, ça et ça. Mais si j'échoue à ça, alors je ferai plutôt ci." Et ainsi de suite. Ainsi, l'incertitude finit par se remplir d'une certitude très stoïcienne puisque vous finissez par envisager le pire des cas, et donc vous relativisez. Eloignez vos doutes, votre motivation n'en sera que plus forte.

3) Pas besoin de s'attarder énormément sur l'amitié et l'amour en khâgne. Vous savez certainement à quel point il est important de se sentir soutenu et d'avoir auprès de vous des personnes qui vous comprennent et surtout, avec qui vous pouvez décompressez. Ne négligez pas la solidarité et l'entraide en prépa.

4) Soyez autosatisfaits, ou du moins, essayez d'éviter l'autoflagellation autant que possible. C'est difficile, mais il faut passer à autre chose après un échec et se concentrer sur ses points forts. Sinon, on devient vite dépressif et c'est un cercle vicieux. De plus, être content du travail que vous fournissez, ou de vos progrès, vous donnera spontanément l'envie de vous appliquer, et donc de développer votre perfectionnisme.