Si vous avez été en hypokhâgne, vous avez sans doute eu droit à un ou plusieurs cours du type "révisions de grammaire et d'orthographe pour les attardés qui se croient lettrés". C'est fréquent, et de nombreux professeurs se croient obligés de nous mettre en garde contre les dangers d'une écriture maladroite ou pleine d'ignorance. Bref, nous sommes assez régulièrement pris pour des débiles, même si cela est pour notre bien. Donc d'une manière générale, même si l'attitude parfois méprisante ou moqueuse des profs qui aiment montrer que l'élite de la France est précaire, je vous conseille de respecter les règles de base qu'ils aiment nous répéter comme on explique à un enfant souffrant de déficience mentale sévère que deux plus deux égale quatre. Je vous rappelle que le but est de rendre une copie certes neutre (enfin, pas trop borderline quoi) mais qui prouve votre intelligence et votre maîtrise des compétences que vous êtes supposés avoir acquises depuis longtemps. Donc soigner son orthographe et ses tournures est essentiel.

 

Il y a sûrement des énormités qui reviennent dans les copies et témoignent de l'inculture première des hypokhâgneux de notre génération. J'essaierai d'en relever quelques-unes afin que vous puissiez les éviter. En orthographe, les "cours" de grammaire des profs d'hypokhâgne ne m'ont pas appris grand-chose. J'ai toujours tellement passé ma vie à lire que l'ortographe des mots m'est plus ou moins instinctive et je n'ai quasiment pas besoin de me relire. Par conséquent, je vais avoir du mal à vous dire quelles sont les fautes d'orthographe qui reviennent le plus souvent. Quelques-unes me viennent à l'esprit, j'en rajouterai au fur et à mesure en fonction de mes souvenirs et des témoignages éventuels de mes amis khâgneux pas forts en orthographe (pas si rares qu'on pourrait le croire). 

 

De même, il existe quelques conventions à respecter et que je ne connaissais pas avant d'entrer en hypokhâgne. J'ai donc pensé qu'elles vous seraient utiles, afin d'oublier d'ores et déjà les erreurs qui sont pourtant si spontanées. Par exemple, concernant les titres d'oeuvres, on met toujours une majuscule aux deux premiers mots du titre, et on n'oublie pas de le souligner. Evidemment, après deux ans de prépa, cela est devenu une habitude, mais je l'ignorais avant l'hypokhâgne. Je ne savais pas non plus que la convention veut qu'on souligne les termes étrangers quels qu'ils soient. Par exemple, dans n'importe quel texte manuscrit français, vous devez souligner des expressions comme a priori ou encore travelling (en cinéma). Concernant les majuscules pour les populations, il faut différencier le nom de l'adjectif. Le nom prend toujours une majuscule, alors que l'adjectif jamais. Exemple : les Indiens, le peuple indien. Pour les grands évènements, le premier mot prend une majuscule et pas l'adjectif qui suit. Exemple : la Révolution française, la Première Guerre mondiale, etc. D'ailleurs, en parlant de guerre mondiale, rappelez-vous qu'on dit bien la Seconde Guerre mondiale et non la Deuxième Guerre mondiale, car il n'y en a eu que deux. Ce sont de petits détails, mais ça dénote un certain perfectionnisme qui peut faire toute la différence.

 

Quelques petites choses que j'ai apprises au cours de mon hypokhâgne :
- On n'invente jamais d'adverbes et on évite les néologismes (que l'on peut pourtant fréquemment lire dans la presse) comme possiblement par exemple.
- On n'emploie jamais conséquent comme adjectif. Son usage est largement controversé, la définition est... indéfinie, justement, alors il vaut mieux ne pas prendre de risques. Utilisez plutôt important ou considérable.
- On ne dit jamais ceci dit car c'est une contradiction grammaticale. Ceci a une fonction cataphorique, qui annonce ce qui va suivre, donc qui ne peut pas être déjà dit. On dit cela dit. Et même cela dit, on l'évite dans une dissertation, ça fait un peu trop langage parlé.
- On dit à la suite de et non pas suite à.
- On met de l'indicatif après après que. Exemple : après que César a franchi le Rubicon.
- Quand il s'agit de la dispute on écrit un différend et non un différent.
- On met un accent sur chaque fois que c'est un participe passé.
- On écrit ambigu et aigu et pas ambigü et aigü
- Par contre est familier, on utilise plutôt en revanche.
- Au final n'est pas français, on peut dire finalement, au bout du compte, en fin de compte, etc.
- On écrit avoir affaire (à quelque chose ou quelqu'un) et non avoir à faire.
- Loin s'en faut ne se dit pas. Préférez bien au contraire, car loin de là fait tout de même un peu oral.
- Poser problème ou poser question ne se dit pas.
- On ne dit pas car en effet, on dit soit car soit en effet.
- On ne dit pas voire même, on dit soit voire, soit même.