Suivre un cours de littérature me paraît une expérience différente et pleine de surprises à chaque cours, ce qui la rend difficile à cerner, c'est pourquoi je choisis de traiter cette question en deuxième. Cette matière se prête en effet particulièrement aux digressions récurrentes des professeurs de littérature qui sont généralement des êtres passionnés dont le plus grand plaisir est de nous parler démesurément des oeuvres qu'ils idôlatrent et de négliger les oeuvres au programme, ce qui est très pratique en khâgne. Evidemment je généralise, mais sincèrement, je pense qu'un prof de littérature qui sait où il va, avec un plan construit et un objectif stable qu'il atteint en fin d'année (donc avant le concours) est rare, voire chimérique. La plupart des profs de littérature se contentent de donner cette illusion, avec un talent d'ailleurs remarquable. Ils aiment vous faire croire que leur cours a un plan délimité et que leur programme va vous mener sans écueil au terme de votre année. Ne les écoutez pas. Vous ne finirez votre programme de littérature que si vous prenez les choses en main.

Donc, pour la prise de notes en littérature, la première chose à faire est de prendre des notes très sélectives, encore plus que pour toutes les autres matières. Il est aisé en littérature de se laisser embarquer dans le délire du prof et de noter des pages et des pages de trucs inutiles qui encombreront vos révisions. Donc, au moment de prendre vos notes, pensez déjà à vos révisions futures et ne notez que ce que vous pensez retenir pour vos dissertes. Je vous conseille une prise de notes par tirets. Un tiret, une idée, et un retour à la ligne pour chaque idée. Soulignez en rouge les éclairs de lucidité de vos illuminés de profs qui ont parfois des bribes de discours géniaux. C'est caractéristique des profs de littérature. Parfois, dans leur délire, ils ont un déclic, qui peut même durer. Quand vous tenez le filon, ne le lâchez plus et prenez bien ces notes-là. Les idées originales (pas forcément tirées par les cheveux) sont les plus récompensées. 

 

La deuxième chose à retenir concerne les explications de texte. Les profs de littérature semblent y tenir beaucoup, même si elles me paraissent d'une inutilité relative dans la rédaction d'une dissertation. Evidemment, elles améliorent votre connaissance de l'oeuvre et mettent en évidence des idées, qui sont pourtant dans mon cas, rarement mises en lien avec les axes du programme. Pour la plupart des profs de littérature, les explications de texte brutes constituent 80% des cours, alors que les axes du programme sont généralement négligées. Il vous faut donc rétablir un équilibre entre cette proportion induite par les désirs frustrés de votre prof que le programme satisfait rarement. Retenez donc les figures de style et les grandes idées. Zapez tout le blabla biographique et tout ce que vous savez déjà sur l'oeuvre, et à la place, essayez vous-mêmes de mettre en relation ces figures de styles et grandes idées avec les axes du programme.

La troisième chose concerne la lecture des oeuvres. Pendant les cours de littérature, les occasions de s'ennuyer sont multiples. Quelques exemples : passages à l'oral de gens qui ne parlent pas fort ou qui ne sont pas forts, lectures d'anthologies, explications méthodologiques, etc. Dans ces cas-là, mettez votre temps à profit (ne jouez pas au morpion ou à la bataille navale) pour relire certains passages d'oeuvres qui vous ont marqués. En effet, ce sont les passages qui vous interpellent le plus dont vous parlerez le mieux. Lors de votre première lecture pendant les grandes vacances donc, cornez les pages que vous souhaitez relire plus tard (pas plus d'une dizaine/vingtaine par ouvrage). Cela vous permet de savoir directement où aller chercher vos idées avant les DS. Si vous faites cela en cours (cela ne prend que peu de temps), cela vous permet de bien le mettre en relation avec ce qu'a pu vous dire votre prof sur les axes, et c'est ça le plus important. Retenez ça, j'ai mis un an à le comprendre ! Ce qui compte en littérature, ce n'est pas l'oeuvre au programme, mais la relation qu'elle entretient avec les axes ! 

 

Et n'oubliez jamais cette phrase de Boileau, notre maître à tous, un exemple pour l'humanité, le génie de ce blog qui dit que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement". Mon conseil le plus littéraire que je puisse vous donner est donc le suivant  : concevez bien.